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De ce que nous avons vu au niveau de la qualité de l'eau de l'aquarium
marin, il ressort que l'un des plus grands problèmes de ces milieux est
l'accumulation permanente des substances azotées solubles.
Les sols de l'aquarium
marin doivent donc être conçus selon deux optiques bien précises : ne
pas permettre le dépôt de matériaux organiques plus ou moins fins et
plus ou moins décomposés; favoriser au maximum les phénomènes
biologiques de résorption de l'azote. La première fonction dépend des
qualités mécaniques des sols; la seconde résulte de l'activité
biologique, qui s'effectue dans les sols ou dans les filtres, dits
précisément biologiques.
Sables et graviers
Pour ne pas permettre l'accumulation de déchets, les sables de
l'aquarium marin doivent être légers de façon à être facilement déplacés
par les mouvements des animaux. On utilise généralement des sables dits
de corail dont la partie dominante doit être constituée par des brisures
fines de madrépores, accompagnées et non dominées par une partie de
sable coquille formé de paillettes légères. On évite de disposer ces
matériaux en trop forte épaisseur, ailleurs qu'au-dessus des plaques
filtrantes branchées soit en «direct», soit en «inverse». En
l'occurrence, le rôle de ces plaques, n'est plus seulement la filtration
mais essentiellement et surtout l'irrigation permanente des sols. En
effet, c'est grâce à celles-ci que l'on peut être certain de l'oxydation
des matières organiques qui risquent de s'y accumuler. Les sols
biologiques, supports de l'activité des bactéries. Les oxydations des
matières organiques dans un sol bien aéré. sont accompagnées d'une
activité bactérienne intense conduisant à une «minéralisation» de ces
matières, c'est-à-dire à une décomposition de la molécule en ses
éléments minéraux de base. Il y a donc activité naturelle de bactéries
utiles dans le sol de l'aquarium et le principe du sol biologique (ou du
filtre biologique) est de forcer le passage de l'eau jusqu'à ces
bactéries. Ceci, afin que ces dernières transforment non seulement
l'ammoniaque issu des déchets divers mais également celui provenant des
excréments des animaux. En nourrissant ses animaux, l'aquariophile
apporte un excédent d'azote qui est rejeté dans le milieu avec les
excréments, en particulier sous forme d'urine, laquelle contient de
l'urée, corps chimique instable vite transformé en ammoniaque. C'est cet
azote introduit pratiquement directement en solution ammoniacale que
l'on tente de nitrifier dans le sol ou dans le filtre biologique. Le
principe va donc consister à faire traverser un sol actif par l'eau
chargée d'ammoniaque. Ce sol peut être le sol même de l'aquarium ou un
sol disposé dans une cuve externe. C'est la différence essentielle entre
le sol biologique et le filtre biologique, le principe utilisé étant le
même. Bien évidemment ces sols ou filtres conservent leurs fonctions
propres : le sol, même biologique, agrémente le fond de l'aquarium
tandis que l'action du filtre biologique se double d'une activité de
filtration mécanique.

Les règles de fonctionnement
Pour que cet élément biologique, ce que
l'on a appelé «le cœur de l'aquarium» fonctionne, un certain nombre de
conditions doivent être respectées. En premier lieu, il faut utiliser
pour le sol des supports sur lesquels un maximum de bactéries
nitrifiantes puissent se fixer. Et pour cela, il convient de choisir les
matières poreuses qui offrent la plus grande surface par rapport à leur
volume, ce rapport pouvant varier selon le matériau de 1 à 10 000.
Chacun sait, par exemple, que la surface interne d'un grain de pierre
ponce est considérable, comparée à sa surface externe. |