Les
poissons respirent-ils vraiment et, si oui, comment un système
respiratoire
peut-il fonctionner dans un milieu aqueux ?
La respiration constitue l'ensemble des fonctions
assurant l'échange d'oxygène et de gaz carbonique entre un organisme
vivant et le milieu aqueux ou aérien dans lequel il vit. L'eau contient
proportionnellement nettement moins d'oxygène que l'air. Les poissons
sont obligés de faire circuler 300 à 500 litres de liquide dans leurs
branchies pour extraire un litre d'oxygène. L'eau étant beaucoup plus
dense et visqueuse que l'air, la respiration aquatique ne peut imiter
celle des animaux aériens sans une dépense considérable d'énergie.
Le système respiratoire des poissons obéit donc à un mécanisme
unidirectionnel. L'eau entre par la bouche, traverse les lamelles
branchiales et s'échappe par les fentes operculaires d'une manière
presque continue. Au cours des millénaires, les branchies ont subi peu
d'évolution. Ces organes respiratoires sont constitués de lamelles
épithéliales richement vascularisées. Elles sont situées au niveau des
perforations latérales du pharynx.
Chez les poissons cartilagineux comme les requins, les ouvertures sont
directement reliées à l'extérieur. Les espèces au squelette ossifié
possèdent un ensemble de pièces osseuses qui protège les fentes
branchiales. Ces opercules s'ouvrent de chaque côté par une fente en
arrière de la tête et leur mouvement permet d'expulser l'eau hors des
branchies.
Les poissons les plus répandus, les téléostéens, ont quatre paires de
branchies qui portent de fines lamelles secondaires. C'est à ce niveau
que s'effectuent les échanges entre le sang et l'oxygène ou le gaz
carbonique. Les branchies ne peuvent être utilisées pour une respiration
aérienne. Cependant quelques espèces à cartilage osseux respirent l'air
en surface quand la teneur en oxygène y est insuffisante.
