L'éclairage d'aquarium
La lumière constitue, comme tous les grands phénomènes naturels, une
entité extrêmement complexe.
En fait, si un discret appoint de lumière du jour semble utile, pour
suppléer la carence éventuelle en certains éléments de l'éclairage
artificiel complémentaire d'aquarium, il n'est pas possible de se
reposer sur elle du soin d'éclairer un aquarium, car elle a un
inconvénient énorme : on ne peut la doser. Non contente de varier selon
les différentes heures et les différentes saisons, il suffit d'un nuage
pour que son intensité soit différente d'un jour à l'autre d'une même
période.
De plus, le soleil ne brille pas toujours pendant les heures de
loisir de l'aquariophile, particulièrement l'hiver. Dans ces conditions,
elle représente trop souvent une source d'ennuis pour que nous puissions
la conseiller autrement qu'à titre d'appoint dans un aquarium de
décoration. Pour l'aquariophile amateur elle n'est la bienvenue à forte
dose que pour éclairer un bac de reproduction où les algues peuvent
pulluler.
Eclairage d'aquarium à incandescence : Pour pallier les
énormes inconvénients de la lumière naturelle, l'aquariophile fait appel
à l'éclairage artificiel. Pendant longtemps cela a signifié l'éclairage
à incandescence, c'est-à-dire des lampes comportant un filament. De nos
jours, il n'y a plus que dans les aquariums de bas de gamme que l'on
utilise les ampoules dites lampes tubes dont le culot est à pas de vis;
ou les lampes tubes plus longues (elles se fabriquent en 140, 221, 254,
310 et 330 mm) qui portent le nom de linolites et sont terminées par
deux culots masses. Les meilleures marques comportent un réflecteur. Il
s'agit d'une lumière satisfaisante sur le plan luminosité, par sa
richesse en rayons jaunes et rouges qui satisfont notre œil. En pratique
les plantes se satisfont relativement de cet éclairage puisqu'il est
possible d'obtenir, sans aucun apport d'autre lumière, des aquariums
équilibrés à végétation dense. Ce que les aquariophiles lui reprochent
surtout, c'est sa trop grande richesse en infrarouges car, comme chacun
sait, ces rayons dégagent énormément de calories. Il en résulte que dans
un volume de 25 litres ou moins, cette lumière se montre capable de
faire monter la température au point qu'à certaines périodes de l'année,
l'amateur doit choisir entre incommoder ses plantes par manque de
lumière ou les incommoder (ainsi que ses poissons) par excès de chaleur.
L'éclairage d'aquarium fluorescent : Plus compliqué et
plus coûteux à installer, mais plus économique à l'usage, ce type de
lumière est généralisé.
Dans ses débuts, cet éclairage, même s'il se parait du titre de lumière
du jour, donnait une lumière blafarde, esthétiquement désastreuse et
techniquement souvent moins satisfaisante que l'incandescence. Sous
l'effet d'une lumière inadaptée à leurs besoins, certaines plantes
normalement grimpantes rampaient sur le sol, semblant fuir le tube. Le
schéma n° 3 nous fournit l'explication du phénomène : nous y constatons
dans la distribution spectrale une chute brutale de la courbe autour de
6 600 angströms.
L'usage de ces tubes n'était donc concevable qu'en appoint lorsque
l'industrie sortit un nouveau tube fluorescent à usage horticole.
Celui-ci (type grolux), utilisé pour les cultures terrestres ou
aquatiques, émet le spectre lisible dans le trait en pointillés. La lumière techniquement bonne, émise par les tubes de ce
type, est assez faible en intensité et produit une légère distorsion des
couleurs mais celle-ci va dans le sens de l'esthétique. Les tons rouges,
bleus et verts, notamment, ressortent intensément.
Conclusion : Tous les côtés obscurs... de la
lumière ayant été... éclairés, tous les éléments d'appréciation ayant
été fournis à l'aquariophile pour juger à l'avenir de la valeur d'une
nouvelle source lumineuse qui lui sera proposée, quelle conclusion
peut-on tirer de ces brefs exposés, aussi complets et aussi peu
techniques que possible ?