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Terreaux et composts
Précisons, en préambule, que les deux mots sont utilisés confusément
comme des termes synonymes en matière d'aquariophilie. Il est donc
nécessaire de souligner que l'on n'emploie pas les véritables composts,
lesquels sont, en vérité, obtenus après fermentation organique.
En aquarium, le terme compost signifie simplement mélange non fermenté
de différentes terres ou sables aux propriétés distinctes et
complémentaires.
Les deux premières conditions nécessaires
aux plantes, étant également favorables à la santé de la majorité des
poissons, ce sont évidemment les terreaux ou composts qui sont
susceptibles d'apporter des déconvenues. En effet, ils constituent un
milieu qui représente un danger pour deux raisons, d'une part, ils sont
mal aérés, tant du fait de leur granulométrie fine que de leur
enfouissement sous une couche de sable protectrice, ayant pour but de
les mettre hors de la portée des poissons fouisseurs ou fouilleurs. Sans
cette précaution, le terreau remis en suspension est d'un effet
esthétique douteux. Il transforme d'abord l'eau en encre, puis
éventuellement il se redépose sur les feuilles des plantes qu'il étouffe
alors que son rôle est de participer à leur croissance, d'autre part,
les terreaux ou composts sont toujours partiellement de nature
organique, c'est pourquoi ils présentent un danger constant de
fermentation. C'est la raison pour laquelle ils doivent être allégés au
maximum, c'est-à-dire que l'on ne doit jamais les employer purs, mais
utiliser une part de terreau, mélangée à deux ou même trois parts de
gros sable ou de petits graviers d'une granulométrie de 2 à 3 mm. C'est
cette précaution qui élimine les risques de putréfaction.
Certains préconisent même de remplacer le gravier par du charbon actif
dans l'espoir que ce dernier «absorbera» les éventuels produits de la
fermentation. Cela risque d'être utopique et même gênant car les grains
de charbon ont, en partie, tendance à vouloir remonter et à flotter. Le
rôle du charbon actif est autre, nous y reviendrons. Pour être complet,
nous préciserons que l'on incorpore généralement, au compost bien
protégé sous le sable, une certaine quantité d'argile dont le rôle est
de favoriser le contact entre les racines des plantes et le terreau.
Cette argile est sans incidence sur la santé des poissons. Et si elle en
avait, elle ne pourrait être que bénéfique par contrecoup, puisque
l'aquarium est un ensemble et que toute amélioration de la santé des
plantes se répercute sur celle des poissons. Le mécanisme d'action exact
de l'argile est trop complexe pour être détaillé ici, mais il est
amusant de savoir que les tout premiers aquariophiles en avaient
découvert les effets bénéfiques, bien avant que la science ne les
expliquent.
Origine des terreaux et composts
Outre la possibilité de fermentation, le second danger, présenté par les
terreaux, est le risque d'introduction de toxiques dans l'aquarium et en
particulier d'insecticides. En effet, qu'ils soient agricoles ou
horticoles, tous les terreaux sont susceptibles de contenir des
insecticides, soit qu'ils proviennent de fonds de pépinières, soit même
que dans une optique particulière et légitime, le fabricant les y inclue
systématiquement. C'est pourquoi, excepté le cas où son détaillant en
aquariophilie puisse lui fournir un compost destiné aux besoins de
l'aquarium, l'amateur est condamné à fabriquer lui-même son propre
terreau. Et il existe bientôt autant de formules que d'aquariophiles.
Une recette valable consiste à prélever du terreau dans les bois de
hêtre, à quelques centimètres sous la surface du sol. c'est-à-dire
au-dessous de la couche de feuilles pourrissantes. Ce terreau est
ensuite séché pour être aisément fragmente. tamisé pour éliminer les
impuretés (coquilles vides d'escargots, bois morts...) puis mêlé au
gravier et à l'argile.
Les
quantités à utiliser : Elles sont bien sûr fonction à la fois de la
richesse intrinsèque et inconnue du terreau d'origine, qu'il faudrait
pouvoir tester, et par ailleurs, des proportions que l'on a respectées
dans le mélange terreau/argile/gravier. La règle est qu'il est plus aisé
d'enrichir par la suite un aquarium insuffisamment fertilisé, que
d'éliminer un trop plein de terreau lorsque l'aquarium est en eau. On
utilisera donc deux bonnes poignées d'un mélange léger à 1/3 de terreau
que l'on enfouira sous deux ou trois centimètres de sable, par exemple
dans les deux angles arrières d'un aquarium de 100 litres. Si ces
quantités sont trop faibles, on tentera d'introduire en complément, là
où on le désire, des boulettes de terreau humides enveloppées dans du
papier que l'on abandonnera dans le bac. Il faut savoir que lorsqu'un
aquarium est trop chargé en terreau, il court le risque d'être vite
envahi par des algues bleues filamenteuses qui étouffent les plantes et
contre lesquelles l'amateur est singulièrement désarmé. Quelquefois, la
situation s'améliore d'elle-même, en plusieurs mois, lorsque l'aquarium
vieillit, il devient alors particulièrement beau et fertile. Parfois
également, des changements d'eau accélèrent cette amélioration, si l'eau
d'apport est très douce. Mais, fréquemment, la situation semble
désespérée à l'aquariophile et elle 'e conduit à refaire son bac, trop
souvent sans terreau. C'est dommage car il n'y a pas d'aquariums à
végétation vraiment luxuriante qui ne bénéficient pas d'un sol riche.

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