L'aération et le filtrage
Qu'il soit animal ou végétal, chaque être doit respirer pour conserver
la vie. C'est une priorité absolue, il lui faut de l'oxygène. Le
poisson, pour sa part, respire dans l'eau en lui empruntant l'oxygène
qui s'y trouve dissous. L'air restitue à l'eau l'oxygène qui vient de
lui être soustrait et, par contre, absorbe le gaz carbonique dont
l'élément liquide se débarrasse. En milieu naturel, l'échange s'effectue
sans difficultés; quand il s'agit d'une aimable rivière, sous l'effet du
courant l'eau roule sur elle-même, la couche d'eau en contact avec l'air
se renouvelle, favorisant ainsi la fuite du gaz carbonique et la
reconstitution de la provision d'oxygène; cela se passe encore ainsi
quand le milieu aquatique est un lac ou un étang relativement peu
profond : l'oxygénation se fait par la surface de l'eau en contact avec
l'air et la moindre brise sert alors à renouveler cette surface de
contact. Ce système fonctionne beaucoup moins bien dans le cas d'un lac
très profond. Les couches d'eau près de la surface sont correctement
aérées mais au-delà d'une certaine profondeur, l'oxygène ne pénètre plus
les couches d'eau inférieures.
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Ceci explique en grande partie la pauvreté relative en
poissons constatée lors de l'assèchement de grands barrages
de retenue à usage hydro-électrique, aux profondeurs
considérables. Le bac à truites à eau courante du
poissonnier figure un peu notre rivière, mais l'aquarium de
décoration à eau non courante ne lui ressemble en rien.
Seuls parmi les aquariums d'amateurs, certains bacs spéciaux
n'ayant qu'une hauteur d'eau de 15 cm sont comparables à
l'étang peu profond... les jours où il ne souffle pas le
plus léger zéphyr. Dans tous les autres cas, l'aération est
indispensable sitôt qu'il y a une certaine densité de
poissons. |
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Les accessoires de l'aération : Cette aération s'effectue par l'intermédiaire d'un diffuseur ou d'un
filtre ou même des deux à la fois, puisque le plus petit modèle des
pompes d'aération suffit pour actionner ensemble ces deux auxiliaires de
l'amateur.
Les diffuseurs : Certains sont dissimulés dans
un sujet tel qu'une grenouille d'un vert intense, dont les yeux
globuleux au regard éteint contemplent avec mélancolie les bulles qui
s'échappent de sa bouche... ce sont là des diffuseurs de fantaisie
répondant sans doute à une certaine forme d'humour. Tous les autres
diffuseurs, les vrais, sont destinés à être cachés de la manière la plus
naturelle possible derrière une pierre ou sous une grotte. Ils ont pour
rôle de fractionner l'air, afin, comme leur nom l'indique, de le «diffuser» en une
multitude de bulles que les profanes confondent souvent avec une arrivée
d'eau. Tous sont en matière poreuse.
Les uns, constitués de bois, ont l'inconvénient de se boucher assez
vite, mais l'avantage de produire des bulles assez fines.
D'autres se présentent sous forme d'une canalisation poreuse et souple
de 6 millimètres de large.
D'autres encore sont constitués d'un tube de céramique de 5-10 ou 15 cm
de long. Ils ont l'avantage de former des bulles, les plus fines que
l'on puisse obtenir en eau douce, mais l'inconvénient d'exiger que l'air
leur parvienne sous une très forte pression que seule une pompe assez
puissante et en parfait état est en mesure de fournir.
Les derniers enfin, représentent les modèles les plus répandus. De forme
cylindrique ou cubique de 3 à 6 cm de long, quand ce n'est pas en
plaquette de 10 ou 20 cm, ils sont constitués de matière poreuse et
tendre, dans les modèles les moins chers, et de matière dure à grains
serrés, dans les meilleures qualités.
Tous ces diffuseurs tendent vers une même action : provoquer un lent
brassage de l'eau afin de l'oxygéner et d'unifier sa température.
Le filtrage : Pourquoi un filtre puisque, apparemment, la nature n'en comporte pas ?
Si on ne peut nier l'action filtrante des moules et autres bivalves et
si on ne peut non plus nier celle des fonds de sable, mise en évidence
par la saveur — exempte de goût de vase — des poissons péchés sur de
tels fonds, il n'empêche qu'au sens propre du mot il n'existe pas de
filtres dans les rivières, les lacs ou les étangs. La nature n'avait pas
prévu que les hommes transformeraient les cours d'eau en égouts à ciel
ouvert, et elle s'est contentée de doter l'eau d'un pouvoir régénérateur
considérable, suffisant... tant qu'un certain seuil de pollution ne se
trouve pas atteint.
Ces propriétés naturelles de l'eau permettent d'installer valablement un
aquarium sans filtrage mais celui-ci doit alors respecter les conditions
suivantes :
1. Rester très peu peuplé (1 poisson de 4 cm pour 4 litres d'eau);
2. Ne jamais receler d'excès de nourriture non consommée;
3. Etre garni de plantes saines.
Cet énoncé revient pratiquement à dire qu'un filtre est non seulement
souhaitable mais nécessaire. Il représente l'auxiliaire n° 1 de
l'aquariophile.
Le filtrage étant un des domaines les plus controversés chez les
aquariophiles, il semble judicieux de faire observer en avant-propos
qu'il existe deux conceptions dont seul le but est commun, les
techniques diffèrent totalement : elles ne s'opposent pas mais ne se
complètent pas non plus. Il s'agit du filtrage naturel sous sable et du
filtrage classique à charges filtrantes.