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Nous connaissons
périodiquement des problèmes d'acclimatation des plantes d'aquarium.
Elles résultent essentiellement de ce que les conditions de cultures
intensives, dans les pays exportateurs notamment, sont éloignées des
conditions de l'aquarium.
Toutes les plantes cultivées à la lumière du jour et qua reçoivent un
rayonnement de 20 000 ou 30 000 lux ont des difficultés à s'habituer aux
1 000 ou 2 000 lux d'un aquarium fortement éclairé.
Ces difficultés
écartées, il y a peu de maladies connues des plantes d'aquarium, en ce
sens que leur étiolement et leur mort résulte le plus souvent de
mauvaises conditions de conservation.
Ainsi il est illusoire d'espérer conserver une plante éclairée chichement en
durée, en qualité ou en quantité; il est illusoire de tenter la conservation d'une plante tropicale dans
un milieu insuffisamment chauffé; il est illusoire d'espérer conserver une plante en présence de
poissons herbivores. Par exemple : Scatophagus, Lepori-nus, Jordanella,
Metynnis, Mylossoma, Abramites. Il est encore illusoire d'espérer conserver une plante tropicale,
presque toujours originaire d'une eau peu calcaire, dans une eau dure de
plus de 20 °TH, même s'il n'est pas bon non plus de tomber
dans l'excès inverse et de m cultiver dans une eau de moins de 5°TH.
Les plantes dites d'eau froide, c'est-à-dire d'origine généralement
indigène, supportent mieux le calcaire : il y a du calcaire dans les
eaux douces d'Europe Occidentale.
Ces premières mauvaises conditions étant éliminées, il est d'autres
causes de mauvaise santé des plantes qui sont plus délicates à
déterminer. Par exemple, une croissance trop lente souvent due à une
malnutrition ou à une carence qui. l'une et l'autre, peuvent être
compensées par les éléments du terreau.
La malnutrition
Elle survient, lorsque la plante manque des éléments nourriciers de
base, appelés fertilisants. Ces éléments sont les principaux
constituants de la matière organique : le carbone, l'azote et le
phosphore.
Le carbone utilisé par la plante aquatique est le carbone du gaz
carbonique atmosphérique qui diffuse au travers de la surface de l'eau
et y entre en solution sous forme d'acide carbonique.
C'est aussi le gaz carbonique rejeté par les poissons lors de leur
respiration. Il est donc logiquement présent en excès dans l'aquarium
normalement peuplé et il ne semble pas utile d'en rajouter.
En effet, s'il est vrai que, dans le cas de plantes à croissance
extrêmement rapide comme des algues planctoniques de laboratoire, on
active les cultures les plus denses en faisant barboter dans les flacons
un mélange d'air et de gaz carbonique, cela résulte du fait que le poids
des algues en culture atteint alors de 4 à 10 grammes par litre. Ce qui
est très supérieur au poids des plantes dans un aquarium où ajouter du
gaz carbonique ne semble bénéfique que dans certaines circonstances.
Quant à l'azote et au phosphore, abondamment rejetés dans le milieu avec
les excréments des poissons, ils s'accumulent dans l'eau sous forme de
nitrates et de phosphates en solution. Ceci étant, il faut encore
observer que les besoins des plantes ne sont pas uniformes. Ainsi, parmi
les espèces dont la rapidité de croissance peut seule assurer la survie,
il faut distinguer celles, comme les fougères, dont les racines servent
essentiellement à «l'ancrage» et qui se nourrissent par les feuilles, de
celles plus nombreuses qui se nourrissent par les racines. Les premières
n'ont pas un besoin absolu de terreau, les secondes généralement ne
peuvent pas croître correctement sur un sol pauvre. Cependant, si
l'abondance d'azote et de phosphore en solution dans l'eau n'implique
pas obligatoirement une abondance analogue dans le sol, chacun sait
qu'un sol d'aquarium s'enrichit progressivement parfois même jusqu'à la
toxicité.
Le rôle du terreau est moins d'apporter des fertilisants que de les
mettre immédiatement à la disposition des plantes, au bon endroit et
sous une forme assimilable, afin que la mauvaise croissance d'une plante
d'aquarium ne soit pas due à une malnutrition même passagère.
En bref, le milieu d'un aquarium sans terreau peut être comparé dans une
large mesure au milieu d'une culture hydroponique, c'est-à-dire une
culture sans sol où les plantes baignent dans une solution nutritive.
Cependant, bien que l'eau de l'aquarium soit trop riche en matières
fertilisantes (nitrates et phosphates), elle est extrêmement pauvre
comparée au milieu des cultures dites hydroponiques précitées. Elle est
trop pauvre en tout cas pour assurer la croissance des plantes
d'aquarium dites à croissance rapide (exemple : Myriophyllum, Cabomba
...), c'est-à-dire à celles, qui dans la nature, sont des espèces
annuelles à croissance printanière accélérée. Sans sol nutritif, ces
plantes meurent littéralement de faim. Elles ne croissent que sur un
fond de terreau ou dans un sable enrichi par des mois d'utilisation.
Les carences : Le mot «carence» peut être employé pour désigner des problèmes liés à la
malnutrition d'une plante, tel que nous venons de l'évoquer.
Un agronome dont le but est de favoriser la croissance d'une plante
terrestre parle volontiers de carence azotée ou phosphorée. Il s'exprime
ainsi parce que les végétaux, dont il a la charge, ne baignent pas comme
ceux de l'aquarium dans un milieu où tout circule, mais sont strictement
inféodés au sol où ils sont enracinés. Dans ce chapitre, nous réservons
le mot carence à la définition d'un phénomène plus subtil : celui des
plantes d'aquarium dont le mauvais développement est dû à l'absence,
dans le milieu, de ce qu'il est convenu d'appeler «un facteur de
croissance».
La loi du minimum : Il faut savoir que si une plante a besoin
pour vivre de certains éléments en grande quantité tels que l'azote,
elle a également besoin d'autres éléments en quantités infimes :
certains métaux, des vitamines... dont l'ensemble est souvent désigné
sous le nom d'oligo-éléments. En fait et pour être plus précis, les
irrégularités de croissance de ces plantes sont généralement dues au
non-respect d'une loi fondamentale d'écologie végétale dite «loi du
minimum». Cette loi a été établie par Liebig en 1840 et s'énonce ainsi
dans sa version originelle : «La croissance des végétaux est limitée par
l'élément dont la concentration est inférieure à une valeur minimum en
dessous de laquelle les synthèses organiques ne peuvent plus
s'effectuer». Cela veut dire que si une plante vit dans un milieu, par
exemple déficitaire en fer, sa croissance s'arrête quelles que soient
les quantités présentes des autres éléments fertilisants. Rien ne sert
de lui fournir un engrais azoté ou phosphore. De même que l'on ne sauve
pas un affamé en le faisant boire, ou un assoiffé en le faisant manger,
on ne peut espérer voir la plante reprendre sa croissance que si on lui
fournit du fer. Or, précisément, une carence fréquente en aquarium est
celle en fer des plantes cultivées dans des bacs en verre collé.
La
carence en fer : Cette carence est caractéristique : la plante tout
comme une plante terrestre se «chlorose» c'est-à-dire blanchit, s'étiole
et finalement meurt. On y remédie de plusieurs façons, par exemple en
introduisant du fer dans le sol de l'aquarium sous forme de ferrailles
ou de clous. Mais, c'est paradoxal car la rouille, autrement dit l'oxyde
ferrique, est insoluble. De fait, cela mérite une explication : cette
rouille insoluble est attaquée dans le milieu biologique du sol de
l'aquarium par divers acides organiques.

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